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Réaction nucléaire


Réaction nucléaire : encyclopédie physique

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Une réaction nucléaire est une transformation d'un ou plusieurs noyaux atomiques, elle se distingue d'une réaction chimique qui concerne les électrons ou les liaisons entre les atomes. Dans une réaction nucléaire, deux noyaux atomiques entrent en collision et produisent des produits différents des particules originelles. En principe, plus de deux particules pourraient entrer en collision, mais cela est beaucoup moins probable.

Dans le cas de la radioactivité, la transformation est spontanée, mais dans le cas d'une réaction nucléaire, elle est produite par une particule mouvante. Si les particules se séparent après la collision sans être transformées, le processus n'est pas une réaction, mais une collision élastique.
Dans les réacteurs de centrales nucléaires on parle improprement de combustion et de combustible nucléaire.

Li6-D Reaction.svg

Dans l'exemple de réaction montré à droite, 6Li et deutérium réagissent en formant un noyau atomique intermédiaire, très excité, de 8Be qui se désintégre très vite en produisant deux particules alpha. Ici, les protons sont représentés par des sphères rouges, et les neutrons, par des sphères bleues.

Sommaire

Représentation [modifier]

Une réaction nucléaire peut être représentée par une équation semblable à celle représentant une réaction chimique. Des désintégrations nucléaires peuvent être représentées d'une manière semblable, mais avec seulement un noyau à gauche.

Chaque particule est écrite avec son symbole chimique, avec son numéro atomique à gauche en bas, et son nombre de masse en haut. Pour le neutron, le symbole est n. Le proton peut être écrit "H" (noyau d'hydrogène) ou "p".

Pour vérifier l'équation, on doit contrôler que les sommes des nombres atomiques soient égales à gauche et à droite (à cause de la loi de conservation de la charge électrique), et que les sommes des nombres de masse soient aussi égales à gauche et à droite (à cause de la loi de conservation du nombre baryonique).
Par exemple :

36Li + 12H → 24He + 24He

Évidemment, l'équation est correcte.
Elle pourrait aussi ĂŞtre Ă©crite :

36Li + 12H → 2 24He

Représentation simplifiée [modifier]

Si quelques particules paraissent très souvent, on utilise des abrĂ©viations. Par exemple, le noyau 4He (qui s'appelle aussi particule alpha, dans un type de radioactivitĂ©) est abrĂ©gĂ© avec la lettre grecque "α". Les deutĂ©rions (hydrogène lourd, 2H) sont dĂ©notĂ©s simplement "D". Aussi, comme les nombres atomiques sont donnĂ©s implicitement par les symboles chimiques, ils peuvent ĂŞtre supprimĂ©s quand l'Ă©quation a Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ©e. Finalement, dans beaucoup de rĂ©actions, un noyau relativement lourd est frappĂ© par une particule lĂ©gère d'un petit groupe de particules communes, Ă©mettant une autre particule commune, et produisant un autre noyau. Pour ces rĂ©actions, la notation peut ĂŞtre beaucoup simplifiĂ©e de la manière suivante :

<noyau cible> (particule d'entrée, particule de sortie) <noyau produit>

Par consĂ©quent, on pourrait pĂ©riphraser l'exemple prĂ©cĂ©dent en introduisant des symboles :

36Li + D → α + α

puis, supprimant les nombres atomiques :

6Li + D → α + α

et finalement, utilisant la forme condensĂ©e :

6Li(D,α)α

Conservation de l'énergie [modifier]

Il est possible que de l'énergie cinétique soit libérée pendant une réaction (réaction exothermique), ou que de l'énergie cinétique doit être ajoutée pour rendre possible la réaction (réaction endothermique). Pour décider cette question, il faut une table de masse des particules très exacte[1].

D'après cette table, le noyau 36Li a une masse atomique de 6,015 unitĂ©s de masse atomique (abrĂ©gĂ© u), le deutĂ©ron a 2,014 u, et le noyau 24He a 4,0026 u. Par consĂ©quent :

  • Masse de repos totale Ă  gauche = 6,015 + 2,014 = 8,029 u
  • Masse de repos totale Ă  droite = 2 Ă— 4,0026 = 8,0052 u
  • Perte de masse = 8,029 - 8,0052 = 0,0238 unitĂ©s de masse atomique.

Dans une rĂ©action nuclĂ©aire, l'Ă©nergie relativiste totale est conservĂ©e. Par consĂ©quent, la masse perdue doit apparaitre comme Ă©nergie cinĂ©tique. Utilisant la formule d'Einstein E = mc2, on peut dĂ©terminer la quantitĂ© d'Ă©nergie libĂ©rĂ©e.

Mais d'abord, il faut calculer l'Ă©nergie Ă©quivalente Ă  une unitĂ© de masse atomique :

1 u c2 = (1,66054 Ă— 10-27 kg) Ă— (2,99792 Ă— 108 m/s)2 
= 1,49242 Ă— 10-10 kg (m/s)2 = 1,49242 Ă— 10-10 J (Joule)
Ă— (1 MeV / 1,60218 Ă— 10-13 J)
= 931,5 MeV,
Par consĂ©quent, 1 u .c2 = 931,5 MeV.

Alors, la quantité d'énergie cinétique produite est 0,0238 × 931 MeV = 22,4 MeV.

Ou, exprimĂ© d'une manière diffĂ©rente : la masse (au repos) est rĂ©duite par 0,3 %.

C'est une grande quantitĂ© d'Ă©nergie pour une rĂ©action nuclĂ©aire ; la quantitĂ© est si grande parce que l'Ă©nergie de liaison par nuclĂ©on du nuclĂ©ide 4He est exceptionnellement large (relativement aux rĂ©actifs), parce que le noyau de 4He est doublement magique. Par consĂ©quent, les particules alpha paraissent souvent au cĂ´tĂ© droit de l'Ă©quation (dans les produits).

L'Ă©nergie libĂ©rĂ©e dans une rĂ©action nuclĂ©aire peut apparaitre en trois manières diffĂ©rentes :

  • Ă©nergie cinĂ©tique des particules produites ;
  • Ă©mission des photons de très grande Ă©nergie, appelĂ©s rayons gamma ;
  • une partie de l'Ă©nergie peut rester dans le noyau, comme niveau mĂ©tastable.

Si le noyau produit est métastable, cela est indiqué par un astérisque ("*") près de son nombre atomique. Éventuellement, cette énergie est libérée par transmutation nucléaire.

En général, le noyau produit a un numéro atomique différent, et par conséquent, la configuration de ses couches électroniques n'est pas juste. Alors les électrons, en s'arrangeant, émettent aussi des rayons X.

"Q-value" [modifier]

En Ă©crivant l'Ă©quation pour la rĂ©action nuclĂ©aire (d'une manière analogue Ă  une Ă©quation pour une rĂ©action chimique) on peut ajouter l'Ă©nergie de rĂ©action Ă  droite :

Noyau cible + projectile → Noyau produit + éjectile + Q.

Pour le cas spécial discuté en haut, nous avons déjà calculé l'énergie de réaction: Q = 22,4 MeV.
Alors :

36Li + 12H → 24He + 24He + 22,4 MeV

L'énergie de réaction ("Q-value" en anglais) est positive pour les réactions exothermiques et négative pour les réactions endothermiques. D'une part, elle est la différence entre les sommes des énergies cinétiques à droite et à gauche. Mais d'autre part, elle est aussi la différence entre les masses de repos nucléaires à gauche et à droite (et de cette manière, nous avons calculé la valeur en haut).

Taux de réaction [modifier]

Le nombre R de réactions par unités de temps dans un volume V est donné par:

R = \int_V \int_E \Phi(\overrightarrow{r},E) \ \Sigma(\overrightarrow{r},E) \ d^3\overrightarrow{r} \ dE
OĂą:
  •  \Phi(\overrightarrow{r},E)  : flux (diffĂ©rentiel) de particules incidentes en  
\overrightarrow{r} compris entre les énergies  E et  E + dE
  •  \Sigma(\overrightarrow{r},E)  : section efficace macroscopique de la cible en  \overrightarrow{r} pour une particule incidente d'Ă©nergie  E


Dans le cas où le flux et la section efficace macroscopique sont uniformes dans le volume V, il est alors possible de simplifier l'équation ci-dessus de la façon suivante:

 R = V \int_E \Phi(E) \ \Sigma(E) \ dE

Comparaison entre neutrons et ions [modifier]

Dans la collision initiale, les particules doivent s'approcher si près pour que la force nucléaire forte (d'un rayon d'action très réduit) puisse entrer en jeu. Comme les particules nucléaires ont normalement des charges positives, ils doivent surmonter une répulsion électrostatique considérable. Même si le nucléide cible fait partie d'un atome neutre, l'autre particule doit s'approcher du noyau de charge positive. Par conséquent, il faut d'abord accélérer les projectiles à haute énergie, par exemple, par:

  • accĂ©lĂ©rateur de particules
  • une tempĂ©rature très grande, quelques millions de degrĂ©s, produisant des rĂ©actions thermonuclĂ©aires, comme au centre du soleil (voir plus bas)
  • rayons cosmiques

Les neutrons, d'autre part, n'ont pas de charge électrique, et ils peuvent effectuer une réaction nucléaire à des énergies très petites. Fréquemment, la section efficace croît même si l'énergie décroît.

Le Soleil [modifier]

Le Soleil est un énorme réacteur thermonucléaire auto-entretenu. Pour l'instant, aucune dérive n'est à craindre, cette réaction explosive est contenue par la force gravitationnelle. Regardons ce qui se passe au sein du Soleil pour comprendre ce qu'est une réaction nucléaire.

  • Il existe deux types de rĂ©actions, la fission et la fusion, la fission consiste Ă  sĂ©parer le noyau de l'atome (sĂ©parer les protons et les neutrons entre eux) et la fusion qui associe deux noyaux pour former un nouveau noyau. Tous les Ă©lĂ©ments sont formĂ©s ainsi : Ă  l'origine de l'Univers, il n'y avait que de l'hydrogène (et une faible partie d'hĂ©lium) mais les rĂ©actions au cĹ“ur des Ă©toiles forment tous les autres Ă©lĂ©ments jusqu'au fer, les Ă©lĂ©ments plus lourds sont formĂ©s par un autre procĂ©dĂ©, principalement au cours de l'explosion des supernovas.
  • Sachez que la fusion produit beaucoup plus d'Ă©nergie. Les premières bombes nuclĂ©aires fissionnaient des atomes d'uranium ou de plutonium ; mais aujourd'hui les bombes nuclĂ©aires fusionnent des atomes hydrogène (ou plutĂ´t ses isotopes lourds), ce sont les bombes H. Ces bombes sont beaucoup plus puissantes et destructrices. Elles peuvent incorporer aussi bien plus de rĂ©actifs que les bombes Ă  fission.
  • Dans le Soleil, du fait des très hautes tempĂ©ratures qui y règnent, les particules sont très agitĂ©es et possèdent Ă©normĂ©ment d'Ă©nergie cinĂ©tique (vitesse). Du fait de la grande vitesse des atomes, les atomes ne peuvent exister sous forme normale car les Ă©lectrons refusent de « graviter Â» autour.
    → Imaginez que la Terre est le noyau et que la Lune est un Ă©lectron ; si la Terre se mettait Ă  « vibrer Â» (soyez imaginatif) elle augmenterait son Ă©nergie cinĂ©tique par rapport Ă  la Lune. Plus ces vibrations deviendraient fortes, plus l'orbite de la Lune serait dĂ©formĂ©e. Après une amplitude limite, la Lune ne pourra plus tourner autour, on dira donc que la Terre est « ionisĂ©e Â».
  • Bien qu'ils se dirigent les uns vers les autres, les noyaux ne s'entrechoquent pas car la force Ă©lectromagnĂ©tique les repousse (les noyaux sont tous positifs). Mais si on augmente la tempĂ©rature, les noyaux gagnent de la vitesse et lors des chocs, ils se rapprochent toujours de plus en plus, jusqu'Ă  ce que les noyaux entrent en contact et que la force nuclĂ©aire forte prenne le relai, mais comme elle est des milliers de fois plus puissante que la force Ă©lectromagnĂ©tique, les noyaux se lient entre eux et forment un seul noyau.
  • La propriĂ©tĂ© remarquable de cette rĂ©action rĂ©side dans le fait que la masse du noyau est lĂ©gèrement infĂ©rieure Ă  la somme des masses des deux protons du dĂ©but de la rĂ©action. La rĂ©action nuclĂ©aire de fusion s'accompagne donc d'une perte de masse. (Mais fondamentalement c'est la mĂŞme chose pour les rĂ©actions chimiques, ainsi que toute autre manifestation Ă©nergĂ©tique.)
  • Or, Einstein montra par la thĂ©orie de la relativitĂ© que la masse peut se transformer en Ă©nergie et que l'Ă©nergie peut se transformer en masse selon la cĂ©lèbre formule E=Mc^2 qui Ă©nonce que l'Ă©nergie est Ă©gale au produit de la masse par le carrĂ© de la cĂ©lĂ©ritĂ©. La perte de masse de la rĂ©action citĂ©e plus haut correspond Ă  une libĂ©ration d'Ă©nergie. C'est ainsi qu'en transformant une fraction de sa masse que le Soleil trouve les ressources qui lui sont nĂ©cessaires. Cette mĂ©thode est beaucoup plus efficace que les rĂ©actions chimiques ou la contraction Kelvin-Helmholtz. Elle permet Ă  une Ă©toile comme la nĂ´tre de briller pendant plus de 10 milliards d'annĂ©es.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

  • Proton
  • Noyau atomique
  • Neutron
  • Combustible nuclĂ©aire
  • Masse critique (rĂ©action nuclĂ©aire)
  • accident de criticitĂ©
  • physique nuclĂ©aire
  • Formule des quatre facteurs
  • RadioactivitĂ©
  • Bombe atomique

Bibliographie [modifier]

  • {...}

Liens externes [modifier]

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Notes et références [modifier]

  1. ↑ Voir le site du NIST : (en) Atomic Weights and Isotopic Compositions with Relative Atomic Masses


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