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Laser


Laser : encyclopédie physique

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Rayon laser Ă  travers un dispositif optique
Démonstration de laser hélium-néon au laboratoire Kastler-Brossel à l'Université Pierre et Marie Curie.
Principe de fonctionnement du laser : 1 - milieu excitable 2 - Ă©nergie de pompage 3 - miroir totalement rĂ©flĂ©chissant 4 - miroir semi-rĂ©flĂ©chissant 5 - faisceau laser

Un laser est un appareil Ă©mettant de la lumière (rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique) amplifiĂ©e par Ă©mission stimulĂ©e. Le terme laser provient de l'acronyme anglo-amĂ©ricain « light amplification by stimulated emission of radiation Â» (en français : « amplification de la lumière par Ă©mission stimulĂ©e de radiation Â»). Le laser produit une lumière spatialement et temporellement cohĂ©rente basĂ©e sur l'effet laser. Descendant du maser, le laser s'est d'abord appelĂ© maser optique.

Une source laser associe un amplificateur optique basé sur l'effet laser à une cavité optique, encore appelée résonateur, généralement constituée de deux miroirs, dont au moins l'un des deux est partiellement réfléchissant, c'est-à-dire qu'une partie de la lumière sort de la cavité et l'autre partie est réinjectée vers l'intérieur de la cavité laser. Avec certaines longues cavités, la lumière laser peut être extrêmement directionnelle. Les caractéristiques géométriques de cet ensemble imposent que le rayonnement émis soit d'une grande pureté spectrale, c’est-à-dire temporellement cohérent. Le spectre du rayonnement contient en effet un ensemble discret de raies très fines, à des longueurs d'ondes définies par la cavité et le milieu amplificateur. La finesse de ces raies est cependant limitée par la stabilité de la cavité et par l'émission spontanée au sein de l'amplificateur (bruit quantique). Différentes techniques permettent d'obtenir une émission autour d'une seule longueur d'onde.

Au XXIe siècle, le laser est plus gĂ©nĂ©ralement vu comme une source possible pour tout rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique, dont fait partie la lumière visible. Les longueurs d'ondes concernĂ©es Ă©taient d'abord les micro-ondes (maser), puis elles se sont Ă©tendues aux domaines de l'infrarouge, du visible, de l'ultraviolet et commencent mĂŞme Ă  s'appliquer aux rayons X.

Sommaire

[modifier] Principe de fonctionnement

[modifier] Phénomènes mis en jeu

Pour comprendre comment fonctionne un laser, il est nĂ©cessaire d'introduire le concept de quantification de la matière : les Ă©lectrons sont rĂ©partis sur des niveaux d'Ă©nergie discrets (les « couches Â»). Cette hypothèse est fondamentale et non intuitive : si l'on considère l'image selon laquelle les Ă©lectrons ne peuvent se trouver que sur certaines orbitales bien prĂ©cises autour du ou des noyaux atomiques.

Dans la suite, on considérera un atome ne possédant qu'un électron, pour simplifier la discussion. Celui-ci est susceptible de se trouver sur plusieurs niveaux. La connaissance du niveau sur lequel se trouve cet électron définit l'état de l'atome. Ces états sont numérotés par ordre croissant d'énergie avec un nombre entier n, pouvant prendre les valeurs 1, 2, ... L'état n = 1 est donc l'état d'énergie la plus basse, correspondant à un électron sur l'orbitale la plus proche du noyau.

Venons-en aux principaux processus d'interaction entre la lumière et la matière, à savoir l'absorption, l'émission stimulée et l'émission spontanée.

  • L’absorption — Lorsqu'il est Ă©clairĂ© par un rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique (la lumière), un atome peut passer d'un Ă©tat n Ă  un Ă©tat n' > n, en prĂ©levant l'Ă©nergie correspondante sur le rayonnement. Ce processus est rĂ©sonnant : la frĂ©quence du rayonnement ω doit ĂŞtre proche d'une frĂ©quence de Bohr atomique pour qu'il puisse se produire. Les frĂ©quences de Bohr atomiques sont dĂ©finies par \hbar\omega_{nn'}=(E_{n'}-E_n), oĂą En' > En sont les Ă©nergies des Ă©tats n' et n. On peut interprĂ©ter ce processus comme l'absorption d'un photon du rayonnement (d'Ă©nergie \hbar\omega=h\nu) faisant passer l'atome du niveau d'Ă©nergie En vers le niveau d'Ă©nergie En'. La condition de rĂ©sonance correspond alors Ă  la conservation de l'Ă©nergie.
  • L’émission stimulĂ©e — Ce processus est le symĂ©trique du prĂ©cĂ©dent : un atome dans l'Ă©tat n' peut se « dĂ©sexciter Â» vers le niveau n sous l'effet d'une onde Ă©lectromagnĂ©tique, qui sera alors amplifiĂ©e. Comme pour l'absorption, ce processus n'est possible que si la frĂ©quence du rayonnement ω est proche de la frĂ©quence de Bohr ωnn'. On peut l'interprĂ©ter comme l'Ă©mission d'un photon d'Ă©nergie \hbar\omega qui vient s'« ajouter Â» au rayonnement.
  • L’émission spontanĂ©e — Un atome dans un Ă©tat excitĂ© n' peut se dĂ©sexciter vers un Ă©tat n, mĂŞme en l'absence de rayonnement. Le rayonnement est Ă©mis dans une direction alĂ©atoire, et sa frĂ©quence est Ă©gale Ă  la frĂ©quence de Bohr ωnn'. On peut interprĂ©ter ce processus comme l'Ă©mission d'un photon d'Ă©nergie \hbar\omega_{nn'} dans une direction alĂ©atoire.

[modifier] Fonctionnement

Un laser est fondamentalement un amplificateur de lumière (fonctionnant grâce à l'émission stimulée) dont la sortie est branchée sur l'entrée.

L'amplificateur est un ensemble d'atomes ou molĂ©cules que l'on fait passer d'un Ă©tat fondamental ou faiblement excitĂ© n Ă  un Ă©tat plus fortement excitĂ© n' (plus Ă©nergĂ©tique - on parle de « pompage Â»), au moyen d'une source d'Ă©nergie extĂ©rieure (par exemple un gĂ©nĂ©rateur Ă©lectrique, ou un autre laser...). Ces atomes peuvent alors se dĂ©sexciter vers l'Ă©tat n, en Ă©mettant des photons de frĂ©quence autour de ωnn'. Ainsi un rayonnement de frĂ©quence \omega\simeq\omega_{nn'} passant Ă  travers ce milieu peut ĂŞtre amplifiĂ© par des processus d'Ă©mission stimulĂ©e. Il peut Ă©galement ĂŞtre absorbĂ© : il n'y aura amplification que si les atomes sont plus nombreux Ă  ĂŞtre dans l'Ă©tat n' (susceptible d'Ă©mettre) que dans l'Ă©tat n (susceptible d'absorber) : il est nĂ©cessaire d'avoir une « inversion de population Â».

Le rayonnement sortant de cet amplificateur est rebouclĂ© sur son entrĂ©e au moyen de miroirs, qui constituent une « cavitĂ© Â» (oĂą la lumière est piĂ©gĂ©e). Bien sĂ»r, un dispositif (comme un miroir partiellement rĂ©flĂ©chissant) permet d'extraire de la lumière de ce système, pour obtenir le rayonnement laser utilisable. Ainsi un rayonnement initialement prĂ©sent dans le système va ĂŞtre amplifiĂ© une première fois, puis rebouclĂ©, puis rĂ©amplifiĂ©, etc. On peut ainsi construire un rayonnement extrĂŞmement important, mĂŞme Ă  partir d'un rayonnement extrĂŞmement faible (comme un seul photon Ă©mis spontanĂ©ment dans la cavitĂ©).

On peut comparer ce processus Ă  l'effet Larsen, qui se produit lorsqu'un amplificateur (la chaĂ®ne HiFi) a sa sortie (le haut-parleur) « branchĂ©e Â» sur l'entrĂ©e (le micro). Alors un bruit très faible captĂ© par le micro est amplifiĂ©, Ă©mis par le haut-parleur, captĂ© par le micro, rĂ©amplifiĂ©, et ainsi de suite... Bien sĂ»r l'intensitĂ© du son ne croĂ®t pas indĂ©finiment (tout comme l'intensitĂ© de la lumière dans un laser) : l'amplificateur a des limites (il existe un volume maximum du son pouvant ĂŞtre produit). La frĂ©quence du son Ă©mise par ce procĂ©dĂ© est particulière et dĂ©pend de l'amplificateur ainsi que de la distance entre le haut-parleur et le micro : il en est de mĂŞme pour un laser.

[modifier] Historique

Coupe d'un laser rubis

Le principe de l’émission stimulée (ou émission induite) est décrit dès 1917 par Albert Einstein. En 1950, Alfred Kastler (Prix Nobel de physique en 1966) propose un procédé de pompage optique, qui est validé expérimentalement par Brossel, Kastler et Winter deux ans plus tard. Mais ce n'est qu'en 1958 que le premier maser (maser au gaz ammoniac) est conçu par J. P. Gordon, H. J. Zeiger et Ch. H. Townes. Au cours des six années suivantes, de nombreux scientifiques tels N. G. Bassov, A. M. Prokhorov, A. L. Schawlow et Ch. H. Townes contribuent à adapter ces théories aux longueurs d'ondes du visible. Townes, Basov, et Prokhorov partagent le Prix Nobel de Physique en 1964 pour leurs travaux fondamentaux dans le domaine de l'électronique quantique, qui mènent à la construction d'oscillateurs et d'amplificateurs basés sur le principe du Maser-Laser. En 1960, le physicien américain Théodore Maiman obtient pour la première fois une émission laser au moyen d'un cristal de rubis. Un an plus tard, Ali Javan met au point un laser au gaz (hélium et néon) puis en 1966, Peter Sorokin construit le premier laser à liquide.

Les lasers trouvent très tôt des débouchés industriels. La première application fut réalisée en 1965 et consistait à usiner un perçage de 4,7 mm de diamètre et de 2 mm de profondeur dans du diamant avec un laser à rubis. Cette opération était réalisée en 15 min, alors qu’une application classique prenait 24 heures.[1]

En 1967, Peter Houlcroft découpe 2,5 mm d’acier inoxydable à une vitesse de 1m/min, sous di-oxygène avec un laser CO2 de 300 W [2] et conçoit la première tête de découpe.

Dans la même période en 1963 des chercheurs américains tels que White et Anderholm montrent qu’il est possible de générer une onde de choc à l’intérieur d’un métal suite à une irradiation laser impulsionnelle. Les pressions exercées sont de l’ordre de 1 GPa.

Bien que les procédés soient démontrés, il faut attendre leurs associations à des machines adaptées pour qu’ils soient implantés en milieu industriel. Ces conditions sont remplies à la fin des années 1970. Et les premières plates formes industrielles sont implantées en France dès les années 80.[3] Dès lors le laser s'impose comme un outil de production industriel dans le micro-usinage. Ses principaux avantages sont un usinage à grande vitesse de l'ordre de 10 m/min, sans contact, sans usure d'outil.

Le laser devient un moyen de lecture en 1974, avec l'introduction des lecteurs de codes barres. En 1978, les laserdiscs sont introduits, mais les disques optiques ne deviennent d'usage courant qu'en 1982 avec le disque compact. Le laser permet alors de lire un grand volume de données.

[modifier] Différents types de laser

Article dĂ©taillĂ© : Liste des diffĂ©rents types de laser.

On classe les lasers selon six familles, en fonction de la nature du milieu excité. Par ailleurs, les lasers peuvent être aussi bien continu que fonctionner dans un régime impulsionnel, auquel cas on pourra les qualifier également selon la durée caractéristiques de leur impulsions (lasers continus / lasers picosecondes / lasers femtosecondes).

[modifier] Cristallins (Ă  solide, ou ioniques)

Cristal de titane saphir pompé par un laser vert.

Ces lasers utilisent des milieux solides, tels que des cristaux ou des verres comme milieu d'Ă©mission des photons. Le cristal ou le verre n'est que la matrice et doit ĂŞtre dopĂ© par un ion qui est le milieu laser. Le plus ancien est le laser Ă  rubis dont l'Ă©mission provient de l'ion Cr3+. D'autres ions sont très utilisĂ©s (la plupart des terres rares : Nd, Yb, Pr, Er, Tm..., le titane et le chrome, entre autres). La longueur d'onde d'Ă©mission du laser dĂ©pend essentiellement de l'ion dopant, mais la matrice influe aussi. Ainsi, le verre dopĂ© au nĂ©odyme n'Ă©met pas Ă  la mĂŞme longueur d'onde (1053 nm) que le YAG dopĂ© au nĂ©odyme (1064 nm). Ils fonctionnent en continu ou de manière impulsionnelle (impulsions de quelques microsecondes Ă  quelques femtosecondes --millionnième de millliardième de seconde). Ils sont capables d'Ă©mettre aussi bien dans le visible, le proche infrarouge que l'ultraviolet.

Le milieu amplificateur peut ĂŞtre un barreau dans le cas d'un laser Nd-YAG (donc dopĂ© au Nd et la matrice est du YAG : un grenat d'aluminium et d'yttrium), mais il peut aussi se prĂ©senter sous la forme d'une fibre dans le cas des lasers Ă  fibre (donc dopĂ© au Yb et la matrice est en silice). Aujourd'hui, le milieu amplificateur le plus utilisĂ© pour gĂ©nĂ©rer des impulsions femtosecondes est le saphir dopĂ© titane. Il possède deux bandes d'absorption centrĂ©es Ă  488 et 560 nm. Il possède un large spectre d'Ă©mission centrĂ© Ă  800 nm.

Au-delà d'une dimension de cristal de qualité optique acceptable, ces lasers permettent d'obtenir des puissances de l'ordre du kW en continu et du GW en pulsé. Ils sont utilisés pour des applications tant scientifiques qu'industrielles, en particulier pour le soudage, le marquage et la découpe de matériaux.

[modifier] À colorants (moléculaires)

Dans les lasers à liquide, le milieu d'émission est un colorant organique (rhodamine 6G par exemple) en solution liquide enfermé dans une fiole de verre. Le rayonnement émis peut aussi bien être continu que discontinu suivant le mode de pompage. Les fréquences émises peuvent être réglées à l'aide d'un prisme régulateur, ce qui rend ce type d'appareil très précis. Le choix du colorant détermine essentiellement la gamme de couleur du rayon qu'il émettra. La couleur (longueur d'onde) exacte peut être reglée par des filtres optiques.

[modifier] À gaz (atomiques ou moléculaires)

Le milieu générateur de photons est un gaz contenu dans un tube en verre ou en quartz. Le faisceau émis est particulièrement étroit et la fréquence d'émission est très peu étendue. Les exemples les plus connus sont les lasers à hélium-néon (rouge à 632,8 nm), utilisés dans les systèmes d'alignement (travaux publics, laboratoires), et les lasers pour spectacles.

Les lasers à dioxyde de carbone sont capables de produire de très fortes puissances (fonctionnement en impulsion) de l'ordre de 106 W. C'est le marquage laser le plus utilisé dans le monde. Le laser CO2 (infrarouge à 10,6 µm) peut être, par exemple, utilisé pour la gravure ou la découpe de matériaux.

Il existe aussi une sous-famille des lasers Ă  gaz : les lasers excimers qui Ă©mettent dans l'ultra-violet. Dans la majoritĂ© des cas, ils sont composĂ©s d'au moins un gaz halogène et aussi parfois d'un gaz rare. Le terme « excimer Â» vient de l'anglais excited dimer qui signifie une molĂ©cule excitĂ©e composĂ©e de deux atomes identiques (ex. : F2). Or les lasers excimer utilisent des exciplexes qui sont des molĂ©cules composĂ©es de deux atomes diffĂ©rentes (gaz rare et halogène, par exemple, ArF) qui ne restent ensemble qu'Ă  l'Ă©tat excitĂ©. L'excitation Ă©lectrique du mĂ©lange d'halogène et de gaz rare produit ces molĂ©cules exciplexes . On devrait donc les nommer lasers exciplexes plustĂ´t que lasers excimères. Après Ă©mission du photon, l'exciplexe disparait car ses atomes se sĂ©parent, donc le photon ne peut ĂŞtre rĂ©absorbĂ© par l'excimer non excitĂ©, ce qui permet un bon rendement au laser. Ex: Lasik

[modifier] Diode laser

Article dĂ©taillĂ© : Diode laser.

Dans une diode laser (ou laser Ă  semi-conducteur), le pompage se fait Ă  l'aide d'un courant Ă©lectrique qui enrichit le milieu gĂ©nĂ©rateur en trous d'un cĂ´tĂ© et en Ă©lectrons de l'autre. La lumière est produite au niveau de la jonction par la recombinaison des trous et des Ă©lectrons. Souvent, ce type de laser ne prĂ©sente pas de miroirs de cavitĂ© : le simple fait de cliver le semi-conducteur, de fort indice optique, permet d'obtenir un coefficient de rĂ©flexion suffisant pour dĂ©clencher l'effet laser.

C'est ce type de laser qui reprĂ©sente l'immense majoritĂ© (en nombre et en chiffre d'affaire) des lasers utilisĂ©s dans l'industrie. En effet, ses avantages sont nombreux : tout d'abord, il permet un couplage direct entre l'Ă©nergie Ă©lectrique et la lumière, d'oĂą les applications en tĂ©lĂ©communications (Ă  l'entrĂ©e des rĂ©seaux de fibres optiques). De plus, cette conversion d'Ă©nergie se fait avec un bon rendement (de l'ordre de 30 Ă  40 %). Ces lasers sont peu coĂ»teux, très compacts (la zone active est micromĂ©trique, voire moins, et l'ensemble du dispositif a une taille de l'ordre du millimètre). On sait maintenant fabriquer de tels lasers pour obtenir de la lumière sur quasiment tout le domaine visible, mais les lasers dĂ©livrant du rouge ou du proche infrarouge restent les plus utilisĂ©s et les moins coĂ»teux. Leurs domaines d'applications sont innombrables : lecteurs optiques (CD), tĂ©lĂ©communications, imprimantes, dispositifs de « pompage Â» pour de plus gros lasers (de type lasers Ă  solide), pointeurs, etc. Noter que la rĂ©glementation en vigueur en France interdit d'en fabriquer Ă©clairant au-delĂ  de 1 000 mètres.

Quelques bĂ©mols tout de mĂŞme, la lumière Ă©mise est en gĂ©nĂ©ral moins directionnelle et moins « pure Â» spectralement que celle d'autres types de lasers (Ă  gaz en particulier). Ce qui n'est pas un problème dans la majoritĂ© des applications.

Un dispositif très proche dans son fonctionnement, mais qui n'est pas un laser, est la DEL : le dispositif de pompage est le mĂŞme, mais la production de lumière n'est pas stimulĂ©e, elle est produite par dĂ©sexcitation spontanĂ©e, de sorte que la lumière produite ne prĂ©sente pas les propriĂ©tĂ©s de cohĂ©rence caractĂ©ristique du laser.

[modifier] À électrons libres (LEL)

Ce type de laser est très particulier, car son principe est tout Ă  fait diffĂ©rent de celui exposĂ© plus haut. La lumière n'y est pas produite par des atomes prĂ©alablement excitĂ©s, mais par un rayonnement synchrotron produit par des Ă©lectrons accĂ©lĂ©rĂ©s. Un faisceau d'Ă©lectrons, provenant d'un accĂ©lĂ©rateur Ă  Ă©lectrons, est envoyĂ© dans un onduleur crĂ©ant un champ magnĂ©tique pĂ©riodique (grâce Ă  un assemblage d'aimants permanents). Cet onduleur est placĂ© entre deux miroirs, comme dans le schĂ©ma d'un laser conventionnel : le rayonnement synchrotron est amplifiĂ© et devient cohĂ©rent, c’est-Ă -dire qu'il acquiert les caractĂ©ristiques de la lumière produite dans les lasers.

Il suffit de régler la vitesse des électrons pour fournir une lumière de fréquence ajustée très finement sur une très large gamme, allant de l'infrarouge lointain (térahertz) aux rayons X, et la puissance laser peut être également ajustée par le débit d'électrons jusqu'à des niveaux élevés. On peut également disposer d'impulsions laser d'intervalle court et précis. Tout cela rend ce type de laser très polyvalent, et très utile dans les applications de recherche. Il est cependant plus coûteux à produire car il est nécessaire de construire un accélérateur de particules.

[modifier] À fibre

Ce type de laser ressemble au laser solide. Ici le milieu amplificateur est une fibre optique dopée avec des ions de terres rares. La longueur d'onde obtenue dépend de l'ion choisi (Samarium 0,6 µm; Ytterbium 1,05 µm; Erbium 1,55 µm; Thulium 2,1 µm). Cette technologie est relativement récente (le premier date de 1964), mais il existe aujourd'hui des lasers monomodes dont la puissance est de l'ordre de la dizaine de kilowatts. Ces lasers ont l'avantage de couter moins cher et de posséder un encombrement réduit. Par ailleurs il n'est pas nécessaire de les refroidir en dessous de 10 kW[4],[5].

[modifier] Téramobile

Le laser téramobile est un dispositif mobile qui délivre des impulsions laser ultrapuissantes et ultrabrèves. Le laser téramobile peut servir à détecter et mesurer des polluants atmosphériques ou à frayer à la foudre un chemin rectiligne[6].

[modifier] Sécurité

Symbole de danger
Laser vert classe IIIb contre classe IIIa

Selon la puissance et la longueur d'onde d'émission du laser, celui-ci peut représenter un réel danger pour la vue et provoquer des brûlures irréparables de la rétine. nouvelle norme:

Classe 1 
lasers sans danger, Ă  condition de les utiliser dans leurs conditions raisonnables prĂ©visibles(exemples : imprimantes, lecteurs de CD-ROM et lecteurs de DVD).
Classe 1M 
lasers dont la vision directe dans le faisceau, notamment à l’aide d’instrument optiques, peut être dangereuse.
Classe 2 
lasers qui émettent un rayonnement visible dans la gamme de longueur de 400 à 700nm. La protection de l’œil est normalement assurée par les réflexes de défense comprenant le réflexe palpébral, clignement de la paupière. (par exemple, des lecteurs de code-barres).
Classe 2M 
lasers qui Ă©mettent un rayonnement visible dans la gamme de longueur de 400 Ă  700nm. Lasers dont la vision directe dans le faisceau, notamment Ă  l’aide d’instrument optiques, peut ĂŞtre dangereuse.(exemples : loupes et tĂ©lescopes).
Classe 3R 
lasers dont l’exposition directe dépasse l’EMP ( Exposition Maximal Permise) pour l’œil, mais dont le niveau d’émission est limité à cinq fois la LEA ( Limite d’Emission Accessible) des classes 1 et 2.
Classe 3B 
laser dont la vision directe du faisceau est toujours dangereuse. La vision de réflexions diffuses est normalement sans danger.
Classe 4 
lasers qui sont aussi capables de produire des réflexions diffuses. Ils peuvent causer des dommages sur la peau et peuvent également constituer un danger d’incendie. Leur utilisation requiert des précautions extrêmes.

[modifier] Applications

Les applications lasers utilisent les propriétés de cohérence spatiale et temporelle du laser. Elles peuvent être classées plus ou moins en fonction de la réflexion ou de l'absorption du laser. Ainsi, deux grandes familles apparaissent, celle contenant des applications de transfert d'information, et celle traitant d'un transfert de puissance.

Transfert d'information

  • TĂ©lĂ©dĂ©tection
  • Collimation d'instrument optique (exemple : tĂ©lescope newton)
  • GranulomĂ©trie et vĂ©locimĂ©trie
  • Holographie
  • Lecture et enregistrement de support optique numĂ©rique (CD, DVD, Laser Disc…)
  • Mesure de distance (tĂ©lĂ©mĂ©trie par interfĂ©romĂ©trie)
  • TĂ©lĂ©communications via rĂ©seaux de fibres optiques
  • Transmission inter-satellitaire
  • VibromĂ©trie
  • DĂ©signateur laser de cibles lors d'attaques aĂ©riennes
  • Étude de l'atmosphère (Lidar)
  • MĂ©trologie des frĂ©quences optiques

Transfert de puissance

  • Refroidissement d'atomes par laser
  • Imprimerie : pĂ©riphĂ©riques d'Ă©criture de plaques offset (CtP)
  • CaractĂ©risation des matĂ©riaux par ellipsomĂ©trie ou spectroscopie

Procédés laser et matériaux

  • Fusion superficielle de matĂ©riaux
  • Soudure de matĂ©riau homogène ou hĂ©tĂ©rogène
  • DĂ©coupe
  • Perçage par percussion
  • DĂ©capage de surface
  • Durcissement de surface
  • Choc par ablation laser (test d'adhĂ©rence Ă  l'interface de matĂ©riaux hĂ©tĂ©rogènes…)

Applications Médicales

  • Ophtalmologie
  • Dermatologie : Ă©pilation laser, dĂ©tatouage laser,...
  • Dentisterie : laser dentaire Erbium, laser dentaire YAP
  • PhysiothĂ©rapie (dĂ©bridement)
  • TrĂ©panation
  • traitement de certains types de douleurs avec un laser basse Ă©nergie : l'efficacitĂ© semble probante mais le mĂ©canisme d'action reste inconnu[7].

Nucléaire

  • Fusion nuclĂ©aire contrĂ´lĂ©e laser MĂ©gajoule

Applications militaires

  • Armes anti-satellite, anti-missile, incapacitantes... (Boeing YAL-1 ; IDS dit Programme StarWars)
  • Pod de dĂ©signation laser

Artistique

  • Spectacle « son et lumière Â»
  • Harpe laser
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  Sigles d'une seule lettre
  Sigles de deux lettres
  Sigles de trois lettres
AAA Ă  DZZ
EAA Ă  HZZ
IAA Ă  LZZ
MAA Ă  PZZ
QAA Ă  TZZ
UAA Ă  XZZ
YAA Ă  ZZZ
  Sigles de quatre lettres
> Sigles de cinq lettres
  Sigles de six lettres
  Sigles de sept lettres
  Sigles de huit lettres

[modifier] Notes et références

  1. ↑ J. Wilson et J. F. B. Hawkes, Laser principles and Application, International Series in Optoelectronics, Prentice Hall, Englewood Cliffs, 194.
  2. ↑ P. A. Hilton (2002), In the Beginning…, Intnl Congrs on Appl on Application of Lasers and Electro-Optics (ICALEO’2002), Scottdales, USA
  3. ↑ B. Vannes, Les lasers de puissance, Hermes.
  4. ↑ (fr) Étude et réalisation de lasers à fibre auto-impulsionnels à base d'absorbants saturables, Jean-Bernard Lecourt, thèse pour obtenir le grade de docteur de l'université de Rouen (lire en ligne)
  5. ↑ (en) Exemple d'un laser à fibre de 50 kW
  6. ↑ http://www2.cnrs.fr/presse/thema/123.htm
  7. ↑ Chow RT, Johnson MI, Lopes-Martins RAB, Bjordal JM, Efficacy of low-level laser therapy in the management of neck pain: a systematic review and meta-analysis of randomised placebo or active-treatment controlled trials, Lancet, 2009:378;1897-1908

[modifier] Annexes

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