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Chimie organique


Chimie organique : encyclopédie physique

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Écriture topologique d'un composé organique.

La chimie organique est une branche de la chimie concernant l'étude scientifique de molécules contenant du carbone, en particulier leur structure, leurs propriétés, leur composition, leurs réactions et leur préparation (par synthèse ou autres moyens). Ces composés peuvent comprendre un certain nombre d'autres éléments, comme l'hydrogène, l'azote, l'oxygène, les halogènes ainsi que le phosphore, le silicium et le soufre.

La première dĂ©finition de la chimie « organique Â» Ă©tait due Ă  la conception erronĂ©e selon laquelle les composĂ©s organiques seraient les seuls entrant en jeu dans les processus du vivant. Cependant, les molĂ©cules organiques peuvent ĂŞtre produite par des processus sans rapport avec le vivant et le vivant dĂ©pend aussi de la chimie inorganique. Par exemple, de nombreuses enzymes n'existeraient pas sans des mĂ©taux de transition comme le fer ou le cuivre ; et des matĂ©riaux comme les coquillages, les dents ou les os sont constituĂ©s en partie de composĂ©s organiques et en partie de composĂ©s inorganiques.

Bien qu'il y ait un recouvrement avec la biochimie, cette dernière s'intĂ©resse spĂ©cifiquement aux molĂ©cules fabriquĂ©es par les organismes vivants. La matière organique ainsi que les composĂ©s organiques sont au cĹ“ur de ces disciplines. On les dĂ©signera sous le terme de « substances Â» organiques.

Sommaire

[modifier] Historique

Au dĂ©but du XIXe siècle, les chimistes pensaient gĂ©nĂ©ralement que les composĂ©s des organismes vivants Ă©taient trop complexes de par leur structure et grâce Ă  une « force vitale Â» ou vitalisme que l'homme ne pouvait pas synthĂ©tiser, ces composĂ©s Ă©taient particuliers du fait qu'ils pouvaient se reproduire. Ils appelèrent ces composĂ©s organiques et continuèrent Ă  les ignorer.

La chimie organique s'oppose par ailleurs Ă  la chimie minĂ©rale (inorganique ou « gĂ©nĂ©rale Â»), laquelle s'occupe de l'Ă©tude des substances issues du monde minĂ©ral (la Terre, l'eau et l'atmosphère). Cette sĂ©paration tient au fait que jusqu'au dĂ©but du XIXe siècle, on pensait que contrairement aux substances minĂ©rales, il Ă©tait impossible de synthĂ©tiser des substances organiques sans l'intervention d'une force vitale non expliquĂ©e.

L'essor de la chimie organique commença lorsque les chimistes dĂ©couvrirent que ces composĂ©s pouvaient ĂŞtre abordĂ©s de façon similaire aux composĂ©s inorganiques et pouvaient ĂŞtre recrĂ©es en laboratoire sans avoir recours Ă  la « force vitale Â». Aux alentours de 1816, Michel Chevreul commença une Ă©tude des savons Ă  partir de diffĂ©rent corps gras et alcalis. Il sĂ©para les diffĂ©rents acides qui, en combinaison avec les alcali, produisaient le savon. Ainsi, il dĂ©montra qu'il Ă©tait possible de changer chimiquement les graisses afin de produire de nouveaux composĂ©s sans l'aide d'une « force vitale Â». En 1828, Friedrich Wöhler fut le premier Ă  produire l'urĂ©e, un constituant de l'urine qui est une molĂ©cule organique, Ă  partir du cyanate d'ammonium NH4OCN qui est un rĂ©actif inorganique. Cette rĂ©action fut ensuite appelĂ©e la synthèse de Wöhler. Wöhler fut très prudent et ne dĂ©clara pas, ni Ă  ce moment ni plus tard, la fin de la thĂ©orie de la force vitale, mais ceci est maintenant considĂ©rĂ© comme le tournant historique.

De 1850 à 1865, le chimiste français Marcellin Berthelot (1827-1907), professeur au Collège de France, se consacre à la synthèse organique et reconstitue le méthane, le méthanol, l'éthyne et le benzène à partir de leurs éléments, et expose ses théories dans son livre La Chimie Organique Fondée sur la Synthèse. Actuellement, on peut synthétiser près d'un million de composés, parmi lesquels rares sont les produits que l'on trouve dans la nature.

Un autre grand pas fut franchi en 1856 lorsque William Henry Perkin, alors qu'il cherchait à produire de la quinine, synthétisa de manière accidentelle la teinture organique maintenant appelée mauvéine. Cette découverte généra beaucoup d'argent et augmenta l'intérêt pour la chimie organique. Une autre étape fut la préparation en laboratoire du DDT par Othmer Zeidler en 1874, mais les propriétés insecticides de la molécule ne furent découvertes que beaucoup plus tard.

Une avancée cruciale pour la chimie organique fut le développement du concept de structure chimique, de manière indépendante et simultanée par Friedrich August Kekule et Archibald Scott Couper en 1858. Les deux hommes suggérèrent que les atomes de carbone tétravalent pouvaient se lier les uns aux autres afin de former un squelette carboné et que les détails des liaisons entre les atomes pouvaient être découverts par une interprétation de certaines réactions chimiques.

Le développement de la chimie organique continua avec la découverte du pétrole et sa séparation, grâce à une distillation fractionnée, en composés chimiques de température d'ébullition différentes. La transformation des différents composés chimiques du pétrole grâce à des procédés chimiques de plus en plus nombreux engendra l'industrie pétrochimique qui réussit ensuite la synthèse du caoutchouc, de plusieurs adhésifs organiques et des plastiques.

L'industrie pharmaceutique débuta pendant la dernière décennie du 19ème siècle lorsque la production d'acide acétylsalicylique, plus connu sous le nom d'aspirine, commença en Allemagne par Bayer. La première fois que l'on améliora de manière systématique un médicament fut avec l'arsphenamine (Salvarsan). De nombreux dérivés de la molécule très toxique atoxyl furent synthétisés et testés par Paul Ehrlich et son équipe, et le composé le plus efficace et le moins toxique fut sélectionné pour la production.

Les premières réactions organiques furent souvent le résultat de découvertes fortuites mais, à partir de la seconde moitié du 19ème siècle, l'étude systématique des composés organiques se développa. Au début du 20ème siècle, les progrès en chimie organique permirent la synthèse de molécule complexes en suivant un protocole par étapes. Au même moment, on découvrit que les polymeres et les enzymes étaient des molécules organiques de grandes tailles et que le pétrole était d origine biologique.


Le processus permettant de trouver de nouvelles façons de synthétiser une molécule donnée est appelée synthèse totale. La synthèse totale de composés naturels complexes commença avec lurée, augmenta en complexité avec le glucose et le terpineol, et en 1907, la synthèse totale fut commercialisée pour la première fois par Gustaf Komppa avec le camphre. Les avancées pharmaceutiques ont été conséquentes et l'on commença à synthétiser des hormones humaines complexes et leurs dérivés. Depuis le début du 20ème siècle, la complexité de la synthèse globale n'a cessée d'augmenter, avec par exemple l'acide lysergique et la vitamine B12. De nos jours, les composés synthétisés peuvent comporter des dizaines de Centres stéréogènes qui doivent être synthétisés correctement grâce à la synthèse asymétrique.

La chimie organique se définit maintenant simplement par l'étude des composés à base de carbone autre que les oxydes, les cyanures, les carbonates et les carbures. On l'appelle également la chimie du carbone.

[modifier] Caractéristiques

La raison pour laquelle il existe autant de composés carbonés est la capacité du carbone de former des liaisons covalentes avec lui-même et donc de former de nombreuses chaînes de différentes longueurs, ainsi que des cycles de différentes tailles. La plupart des composés organiques sont fort sensibles à la température et se décomposent généralement au-dessus de 200°C. Ils ont tendance à être peu solubles dans l'eau, en tout cas moins solubles que les sels inorganiques. En revanche, et à l'inverse de tels sels, ils ont tendance à être solubles dans les solvants organiques tels que l'éther ou l'alcool. D'une manière générale, on peut retenir que les semblables (molécules plus ou moins polaires, protiques etc.) dissolvent les semblables.

[modifier] Représentation

Les composés organiques sont constitués essentiellement d'atomes de carbone et d'hydrogène. Dans un souci de simplification, les chimistes ont pris l'habitude de représenter les molécules qu'ils manipulent sans faire figurer les atomes de carbone et d'hydrogène. Cette représentation est appelée formule topologique.

[modifier] Familles

Article dĂ©taillĂ© : ComposĂ© organique.

[modifier] Composés aliphatiques

Ce sont des chaînes de carbone qui peuvent être modifiées par des groupes fonctionnels.

  • Les composĂ©s carbonĂ©s (hydrocarbures)
    • Les alcanes
    • Les cycloalcanes
    • Les alcènes
    • Les alcynes
    • Les allènes
  • Les composĂ©s oxygĂ©nĂ©s
    • Les alcools
      • Les alcools allyliques
      • Les alcools homo-allyliques
    • Les Ă©thers
    • Les Ă©poxydes
    • Les oximes
    • Les cĂ©tals (et les hĂ©mi-cĂ©tals, les acĂ©tals, les hĂ©mi-acĂ©tals)
    • Les cĂ©tones
      • Les cĂ©tones α-β-insaturĂ©s
      • Les Ă©nols
    • Les aldĂ©hydes
    • Les acides carboxyliques et leurs dĂ©rivĂ©s:
      • Les esters (et les lactones)
      • Les amides (et les lactames)
      • Les halogĂ©nures d'acyles
      • Les anhydrides
    • Les cĂ©tènes
    • Les isocyanates
    • Les ortho-esters
    • Les glucides
  • Les composĂ©s azotĂ©s
    • Les amines
    • Les imines
    • Les Ă©namines
    • Les nitriles
    • Les iso-nitriles
    • Les amides (et les lactames)
    • Les isocyanates
    • Les oximes
    • Les azotures
  • Les composĂ©s halogĂ©nĂ©s
    • Les halogĂ©nures d'acyles
    • Les dĂ©rivĂ©s halogĂ©nĂ©s
  • Les composĂ©s phosphorĂ©s
    • Les phosphines
    • Les phosphites
    • Les phosphates
    • Les phosphonates

[modifier] Composés aromatiques

Les composĂ©s aromatiques doivent rĂ©pondre Ă  3 critères :

  • contenir un cycle d'atomes de carbone du genre de celui du benzène ou similaire,
  • avoir un système conjuguĂ© de types pi-sigma-pi ou p-sigma-pi (avec sigma = simple liaison; pi = double liaison et p = doublet non liant),
  • respecter la règle de HĂĽckel.

Si le cycle contient un atome autre que du carbone, on parle d'hétérocycle.

  • Les composĂ©s du benzène
    • Le benzène et ses dĂ©rivĂ©s
    • Les benzoĂŻdes (Benzènes polycycliques)
    • Les fullerènes
    • Les phĂ©nols
    • Les amines aromatiques
  • Les hĂ©tĂ©rocycles
    • La pyridine
    • Le furane
    • Le thiophène
    • Le pyrrole
    • La porphyrine
    • La chlorine

[modifier] Autres

On peut Ă©galement citer les composĂ©s issus d'autres branches reliĂ©es Ă  la chimie organique :

  • Les polymères
  • Les composĂ©s organomĂ©talliques
  • Les ylures de phosphore
  • Les bases très fortes (20<pKa<60) utilisĂ©es spĂ©cialement en chimie organique :
    • les hydrures
    • les amidures
    • les alcoolates

[modifier] Réactions

  • Acylation de Friedel-Crafts
  • Alkylation de Friedel-Crafts
  • Addition nuclĂ©ophile
  • Addition Ă©lectrophile
  • Aldolisation/CĂ©tolisation
  • Catalyseur et rĂ©action d'Adkins
  • Crotonisation
  • Élimination
  • EstĂ©rification
  • Oxydation de Kornblum
  • Oxydation de Swern
  • Oxydation d'un alcool
  • RĂ©action de Diels-Alder (Cycloaddition)
  • RĂ©action de MarkĂł-Lam
  • RĂ©action de Pinner
  • RĂ©action de Wittig
  • RĂ©action de Wolff-Kishner
  • RĂ©action de Wurtz
  • RĂ©arrangement de Beckmann
  • RĂ©duction de Birch
  • RĂ©duction de Clemmensen
  • Substitution Ă©lectrophile aromatique
  • Substitution nuclĂ©ophile

[modifier] Règles élémentaires

  • Règle de Markovnikov
  • Règle de ZaĂŻtsev

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

  • Chronologie de la chimie
  • ReprĂ©sentation des molĂ©cules
  • Nomenclature des molĂ©cules organiques
  • IsomĂ©rie
  • ChiralitĂ© (chimie)
  • Biophysique
  • Carbone
  • Oxydation et rĂ©duction en chimie organique

[modifier] Liens externes

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