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Anders Celsius



Anders Celsius : encyclopédie physique

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Anders Celsius

Description de cette image, également commentée ci-après

Anders Celsius

Naissance
Uppsala (Suède)
DĂ©cès (Ă  42 ans)
Uppsala (Suède)
NationalitĂ© Drapeau de la Suède Suède
Champs Astronome et physicien
Diplôme Université d'Uppsala
Renommé pour échelle des températures

Signature

Signature de Anders Celsius

Anders Celsius est un savant suédois né à Uppsala le et mort de la tuberculose dans la même ville le . Il fut professeur d'astronomie à l'université d'Uppsala (fondée en 1477). Il est surtout connu du grand public pour être à l'origine d'une échelle relative des températures dont l'unité, le degré Celsius (°C) honore son nom.

Biographie sommaire[modifier | modifier le code]

Anders Celsius appartenait à une famille comportant beaucoup de savants originaire d'Ovanåker, petite localité située dans la province de Hälsingland au nord d'Uppsala. Comme il était d'usage à l'époque dans les pays germaniques et scandinaves de latiniser les noms de famille, celui de Celsius est une version latinisée du nom du presbytère (Högen). Ses deux grand-pères, Magnus Celsius et Anders Spole, furent professeurs d'astronomie à l'université d'Uppsala. Son père, Nils Celsius, fut lui aussi professeur d'astronomie. Quant à Anders, très jeune réputé pour sa bosse des mathématiques, il fut appointé professeur d'astronomie en 1730, à l'âge de 29 ans.

Deux ans plus tard, en 1732, il entreprit un long voyage d'Ă©tudes Ă  travers l'Europe (Allemagne, Italie, France, Angleterre) qui dura quatre ans. En 1733, pendant ce voyage, il publia Ă  Nuremberg un ensemble de 316 observations d'aurores borĂ©ales faites par lui-mĂŞme et d'autres entre les annĂ©es 1716 et 1732. Il visita presque tous les observatoires rĂ©putĂ©s de l'Ă©poque, et il y travailla avec beaucoup d'astronomes connus, en particulier Ă  l'Observatoire de Paris. Il s'y fit l'avocat d'une mesure de l'arc du mĂ©ridien en Laponie. Il allait donc de soi que peu de temps après, les autoritĂ©s suĂ©doises l'autorisent Ă  participer Ă  l'expĂ©dition de Laponie organisĂ©e par l'AcadĂ©mie des Sciences de Paris et dirigĂ©e par l'astronome français Pierre Louis Moreau de Maupertuis qui sollicita sa participation. Cette expĂ©dition eut lieu dans la vallĂ©e de la Torne, dans la partie la plus septentrionale de la Suède. Son but fut de mesurer la longueur d'un arc de mĂ©ridien de 1Âş, afin de pouvoir valider ou infirmer la thĂ©orie de la gravitation d'Isaac Newton, laquelle prĂ©voyait que la Terre Ă©tait aplatie aux pĂ´les, contrairement aux observations gĂ©odĂ©siques de Jean-Dominique et Jacques Cassini en France, qui semblaient indiquer une forme de la Terre allongĂ©e aux pĂ´les. Outre Maupertuis et Celsius, participaient Ă©galement Ă  cette cĂ©lèbre expĂ©dition les acadĂ©miciens français de grand renom Alexis Claude Clairaut, Pierre Charles Le Monnier, Camus ; acadĂ©miciens accompagnĂ©s de l'abbĂ© Outhier qui relata l'expĂ©dition et qui est plus connu en Suède qu'en France.

L'observatoire de Celsius, d'après une gravure de l'époque.
Thermomètre original de Celsius, 1742.

Les résultats obtenus confirmaient de façon définitive que Newton avait raison et que la figure de la Terre était bien un sphéroïde aplati aux pôles. La participation de Celsius à cette expédition fut très profitable pour l'astronomie en Suède. En effet, devenu célèbre, Celsius réussit à intéresser les autorités suédoises à la construction d'un observatoire astronomique moderne à Uppsala et à fournir les fonds nécessaires. L'observatoire de Celsius fut achevé en 1741 et équipé avec les instruments que Celsius avait achetés pendant son long voyage à l'étranger. Ceux-ci comptaient parmi les meilleurs que la technologie de l'époque pouvait fournir.

Aujourd'hui on ne considère plus guère que des mesures géodésiques, des observations météorologiques et d'autres travaux du même genre soient des occupations astronomiques, mais du temps de Celsius cela faisait bien partie du travail d'un astronome.

Ainsi, Celsius effectua de nombreuses mesures géodésiques pour la Carte Générale de la Suède et fut un des premiers à remarquer la lente avancée des côtes fenno-scandinaves. Toutefois, il se trompait sur l'origine de ce phénomène, dont on sait maintenant qu'il manifeste un rebond isostatique du bouclier fenno-scandinave, dû à la remise à l'équilibre de la croûte terrestre autrefois déprimée par l'inlandsis qui recouvrait la région lors des grandes glaciations du Quaternaire (rebond post-glaciaire). Celsius, lui, croyait que l'eau de la mer s'évaporait.

Pour effectuer ses observations mĂ©tĂ©orologiques, Celsius construisit un thermomètre qui allait lui assurer une gloire mondiale. Initialement, son thermomètre Ă©tait graduĂ© en sorte que « 0 Â» correspondait au point d'Ă©bullition de l'eau, et « 100 Â» au point de solidification. Cette Ă©chelle Ă©tait donc graduĂ©e en sens inverse de l'Ă©chelle centigrade que nous connaissons actuellement. L'annĂ©e suivant la proposition de Celsius, en 1743, le français Jean-Pierre Christin inversa l'Ă©chelle de Celsius pour lui donner sa forme actuelle, Ă  savoir 0 pour la tempĂ©rature de solidification de l'eau et 100 pour son point d'Ă©bullition[1],[2].

AssistĂ© d'Olof Hiorter (en), Anders Celsius Ă©tudia les aurores borĂ©ales et fut le premier Ă  expliquer le phĂ©nomène auroral par le magnĂ©tisme terrestre. Il arriva Ă  cette conclusion en observant l'inclinaison d'une aiguille de boussole et en se rendant compte que les dĂ©viations les plus fortes Ă©taient corrĂ©lĂ©es avec une activitĂ© aurorale plus intense.

En astronomie, Celsius observa de nombreuses Ă©clipses et des objets astronomiques fort variĂ©s. Il publia des catalogues de magnitudes soigneusement dĂ©terminĂ©es pour un total de 300 Ă©toiles, en se servant de son propre système photomĂ©trique dont l'erreur moyenne est voisine de 0,4 magnitude. Celui-ci est basĂ© sur l'utilisation de plaques identiques de verre fumĂ© : Celsius comparait les magnitudes de diverses Ă©toiles en comptant le nombre de telles plaques qu'il fallait superposer pour que la lumière de l'Ă©toile observĂ©e ne soit plus transmise. Ainsi, pour occulter l'Ă©clat de Sirius, l'Ă©toile la plus brillante du ciel, il fallait superposer 25 de ces plaques.

Église de Gamla Uppsala, où Anders Celsius repose à côté de son grand-père Magnus Celsius.

Celsius s'est beaucoup impliqué pour que la Suède, État protestant, adopte enfin le calendrier grégorien, même si celui-ci était l'œuvre d'un pape catholique. Il n'eut guère de succès en apparence puisque le calendrier grégorien ne remplaça le calendrier julien en Suède qu'en 1753, plus de neuf ans après sa mort.

La plupart des travaux de Celsius furent publiés, soit dans les publications de la Société Royale des Sciences d'Uppsala, soit dans les publications de l'Académie Royale des Sciences de Suède. La première, fondée en 1710, constitue la plus ancienne société scientifique en Suède et Celsius en fut le secrétaire de 1725 à sa mort en 1744, la seconde fut fondée seulement en 1739. Il écrivit un ouvrage de vulgarisation d'arithmétique pour la jeunesse qui reflète bien l'esprit de son époque.

Anders Celsius repose à côté de son grand-père Magnus, dans l'église de Gamla Uppsala située à environ cinq kilomètres au nord du centre d'Uppsala.

Un cratère lunaire porte le nom de Celsius depuis 1935 par décision de l'Union astronomique internationale.

Ĺ’uvres[modifier | modifier le code]

  • Nova Methodus distantiam solis a terra determinandi (Une nouvelle mĂ©thode pour dĂ©terminer la distance du Soleil Ă  la Terre), 1730.
  • Recueil de 316 observations d'aurores borĂ©ales, 1716-1732. PubliĂ© Ă  Nuremberg en 1733.
  • De observationibus pro figura telluris determinanda (Sur des observations pour dĂ©terminer la figure de la Terre), 1738.
  • Arithmetics for the Swedish Youth, 1741.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Leduc et Raymond Gervais, ConnaĂ®tre la mĂ©tĂ©orologie, Presses Universitaires du QuĂ©bec,‎ , 305 p. (ISBN 9782760520448, lire en ligne)
  • Daniel Parrochia, MĂ©tĂ©ores : Essai sur le ciel et la citĂ©, Editions Champ Vallon,‎ , 250 p. (ISBN 9782876732384, lire en ligne)
  • P. Collinder (1970), Swedish Astronomers 1477–1900, Acta Universitatis Upsaliensis, Ser. C. 19.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ce texte se base en grande partie sur la biographie publiĂ©e en anglais par l'observatoire astronomique de l'UniversitĂ© d'Uppsala :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • DegrĂ© centigrade
  • DegrĂ© Celsius
  • ThermomĂ©trie
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